Un procès inéquitable pour les incendiaires présumés du centre de rétention administrative de Vincennes ?
Le vice-bâtonnier de Paris a critiqué mardi 2 février les conditions "inéquitables" du déroulement du procès des incendiaires présumés du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, dont il a demandé en vain le renvoi. (AFP)
PARIS, 2 fév 2010 (AFP) - "Tout se passe comme s'il fallait que la justice passe à tout prix, même si ce prix est celui du silence", a dénoncé Me le Borgne, vice-bâtonnier de Paris, en prenant la parole au début de l'audience.
Il a demandé au tribunal d'accepter de renvoyer l'audience, émaillée depuis le début, le 25 janvier, de multiples incidents. La présidente de la 16ème chambre correctionnelle, Nathalie Dutartre, n'a pas accédé à cette demande qu'elle avait déjà refusée aux avocats des dix prévenus soupçonnés d'être impliqués dans l'incendie du CRA, le 22 juin 2008. Estimant leurs droits bafoués, ceux-ci ont claqué la porte du procès lundi et indiqué mardi qu'ils ne comptaient pas, jusqu'à nouvel ordre, revenir participer aux débats.
Me Le Borgne a regretté une "situation bancale", une "procédure anormale", "l'image déplorable" donnée par un procès où la voix de la défense ne s'exprime pas. Les avocats protestent contre le fait que le tribunal a décidé de tenir neuf demi-journées d'audience supplémentaires afin de visionner des enregistrements vidéo de l'incendie, comme l'avait d'ailleurs demandé la défense. Ils dénoncent le caractère improvisé de l'organisation et du nouveau calendrier des débats.
Mardi matin, les avocats de la défense ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle ils ont exprimé leur sentiment d'être "face à un mur". En l'absence des prévenus et de leurs avocats, le tribunal a continué à visionner les trente heures d'enregistrement des caméras de vidéosurveillance du CRA, en plan fixe, sans son ni commentaire du tribunal.